Archives de Catégorie: Problèmes de société

S.O.S. Dettes: français + anglais = franco-québécois

La campagne S.O.S. Dettes attire l’attention sur un phénomène assez triste, l’endettement. Cependant, les images et le texte sont si bien pensés que ça donne l’occasion de découvrir et d’illustrer les expressions québécoises, qui sont à la fois proches du français et de l’anglais. Voir les photos plus bas.

(Crédit photos: avec la gracieuseté de Publiz)

Demarketing SOS Dettes Cassé

En français de France, quand quelqu’un est à court d’argent on dit qu’il est « fauché ». Au Québec, on exprime la même idée avec le mot « cassé ». D’après moi l’expression « cassé » est un anglicisme car les anglophones disent qu’ils sont « broke » quand ils n’ont plus de sous. Encore plus insolite, en France quelqu’un qui est « cassé » est quelqu’un qui est fatigué ou lessivé.

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Telefonica, une publicité vraiment multiculturelle

Impossible de mélanger races et couleurs?

Une campagne publicitaire multiculturelle où plusieurs communautés se reconnaîtraient, est-ce vraiment possible?

Lorsque j’étudiais en Communications et médias, je prenais un cours qui consistait à faire de l’analyse publicitaire.
Un jour, notre professeur nous avait montré une image publicitaire sur laquelle on ne voyait que le menton, le cou et les épaules d’une femme à la peau très claire (en gros plan). Le prof trouvait génial qu’on ne voit pas le visage entier de cette femme, ce qui ne permettait pas de déterminer sa race avec certitude. (Note: la photo plus bas n’est pas exactement celle étudiée en classe. Il s’agit d’une photo à la composition similaire).

Publicité de femme "sans race". Avec juste une partie du visage et du torse, impossbile de déterminer la race de la mannequin. Arabe, asiatique, blanche ou d'ethnie latino-américaine?

Ainsi, des femmes de toutes races pouvaient se reconnaître dans cette pub! Des arabes, des latinas, des blancs, des asiatiques… euh… sauf des femmes noires. Effectivement, Lire la suite

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Politique 2.0. : Pucapab de se passer des médias sociaux

Pucapab est le nom d’une campagne médias sociaux lancée par le Parti libéral du Canada pour manifester son mécontentement face au Gouvernement conservateur chapeauté par Stephen Harper.
La campagne « Pucapab » s’articule autour d’un page Facebook sur laquelle a été postée une vidéo intitulée Pucapab. La vidéo conçue par l’agence Turbo Marketing a été dévoilée par le  député fédéral canadien Denis Coderre.

Manifestement, je ne suis pas la seule a avoir trouvé la vidéo médiocre. Cela étant dit peut-être que c’était le but visé; une vidéo terre-à-terre, sans détail superflu pouvant distraire de message principal. Une chanson qui donne envie de sortir ses sandales de plages, un son sans effet sonores trop prononcés et côté visuel, du très propre avec des dessins au trait. Noir sur blanc.

Pucapab de se passer des médias sociaux
Cette campagne accentue le besoin que même les politiciens ont d’exploiter la popularité des médias sociaux. Obama avait popularisé la mode de la politique digitale lors de sa course vers les présidentiels, inspirant ainsi la rédaction du livre « Yes We Did ».
Quant à Denis Coderre, il est déjà un habitué du web 2.0. puisque ses gazouillis sont suivis par 20 000 adeptes de Twitter.

Ce n’est pas de la propagande?…

Ce tapage numérique aux allures innocente et divertissante ne serait-elle pas un moyen peu subtil de se lancer en campagne sans vraiment se lancer en campagne?
Le parti Libéral soutient que non. Le but de leur démarche aurait tout simplement été de refléter le mécontentent croissant de la population face aux conservateurs.
Je remarque que dans certains parties de la vidéo, on prononce les « Harper » et « peur », avec un faux accent anglais. On pourrait trouver cela coquin ou carrément moqueur mais bon…

À part protester contre la politique de Harper, qu’espère-t-on vraiment réaliser avec cette vidéo réalisée par l’Agence Turbo Marketing?
La mission de Turbo Marketing – en leurs propres mots – est pourtant bien de « concevoir et exécuter des stratégies de marketing qui stimulent l’attachement pour les marques en contribuant à l’amélioration des conditions de vie humaine dans une perspective de développement durable. » Je ne crois personne assez libéral pour s’imaginer que 1,700 « J’aime » sur Facebook vont pousser les gens à prendre des décisions aussi radicale que se présenter aux urnes. Mais peut-être que je me trompe?
Puisqu’on s’amuse à tout vulgariser pour rejoindre Monsieur Tout Le Monde, est-ce que nous allons arriver un jour à des campagnes politiques majoritairement conçues pour les médias sociaux?

Ce qui est sûr, c’est qu’avec la prolifération de cette vidéo, sur le web, le parti libéral a créé tout un buzz, Il est fort à parier qu’en plus des retombées de cette vidéo, on doit s’attendre à la lancée d’une campagne politique traditionnelle assez colorée. Affaire à suivre.

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Anglicisme dans la Bell Province? Ce n'est que partie remise…

Seulement 22% de la population canadienne est francophone. En tant que francophone, je me sens minoritaire. Selon Statistiques Canada, la population francophone comporte davantage de personnes bilingues que la population anglophone. Mais je ne crois plus au bilinguisme. La plupart des francophones ne parlent plus bien français; leurs conversations sont truffées de mots anglais maladroitement traduits.

Prenez par exemple cette publicité de Bell (voir plus bas) pour le Superbowl de l’année 2011. Elle a retenu mon attention pour deux raisons.

Image publicitaire du Superbowl 2011 par Bell TV

Tout d’abord l’image est frappante. Le contraste entre ce bleu soyeux et léger que le joueur semble contenir avec tant de rigueur rend l’image très forte.

Au delà du côté esthétique, j’ai été frappée par la phrase « Avec Bell Télé – Tous les jeux deviennent spectaculaires ». Cette phrase sonne très faux à mes oreilles. Ce qui m’embête c’est que le mot « jeu » pour moi m’a tout l’air d’un anglicisme. C’est comme si on avait littéralement traduit la phrase « With Bell TV – Every game becomes spectacular ».
En anglais, le mot game traduit ici par jeu, s’utilise aussi bien lorsque deux enfants jouent ensemble, que lorsque deux équipes s’affrontent sur un terrain. Par contre en français, il m’a toujours semblé que le mot jeu n’était utilisé que dans le sens amical, et n’avait rien à voir avec le domaine sportif. Les mots me manquent pour exprimer mon mécontentement.

J’ai été vite scandalisée par cet anglicisme flagrant. Pour moi, le mot approprié a toujours été « match », qui est d’ailleurs utilisé en petit caractères dans la même bannière. Lorsqu’on parle de sports professionnels en France, on utilise également le mot « match ». Mais maintenant que j’y pense, même le mot « match » n’est pas français! Peut-être aurait-il fallut utiliser le mot « partie », même s’il est moins courant. Est-ce vraiment possible de parler français sans utiliser de mots anglais?

Je me dis souvent que parler un bon français est complètement inutile parce qu’un nombre croissant de francophones paresseux utilisent des mots anglais chaque fois qu’un terme leur échappe. Quand ils réussissent à éviter des mots anglais, ils font une traduction mot par mot, ce qui donne un phrase aussi bancale que si elle émanait de Google Translate. Par exemple, je frémis chaque fois que quelqu’un dit  « bon matin », ce qui m’apparaît être une traduction littérale de « good morning » (pourquoi pas bonjour tout simplement?).
Le français est en train de se faire étouffer par la forte popularité de l’Anglais. Je ne peux pas en vouloir aux Anglophones; il revient aux francophones eux-mêmes de protéger leur patrimoine linguistique.

La qualité du Française au Québec? Ce n’est que partie remise!

Crédit photo: Les deux photos présentent sur cette page sont des captures d’écran de la page d’accueil du site officiel de Bell.

* La Belle Province est le surnom de la province de Québec
* Ironiquement au Québec, il n’est pas rare d’entendre « J’ai hâte d’écouter la game de hockey ».

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Ce n'est pas Assange contre Zuckerberg, c'est WikiLeaks contre La Loi

Qui n’a pas été surpris que le Time Magazine choisisse Mark Zuckerberg – le père de Facebook – comme L’homme de l’année? Ou peut-être que la vraie surprise aurait été de voir le même magazine décerner cet honneur à Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Assange a quand même récolté 382,026 votes, soit plus de 10 fois le nombre de votes accumulés par Zuckerberg.
Vu que le Time Magazine a admis que ses éditeurs se réservaient le droit de ne pas accepter le choix du public, de mécontents lecteurs se demandent pourquoi ils ont perdu leur temps à voter.
Devrait-on vraiment faire des remontrances au Time Magazine?
S’ils avaient choisi Assange, les éditeurs du Time Magazine auraient démontré qu’ils ont du cran. Par contre, avec le choix de Zuckerberg ils ont prouvé que comme toute compagnie, ils préfèrent éviter le danger. Mais Facebook est-il vraiment hors-danger?

La différence entre Julian Assange et Mark Zuckerberg

WikiLeaks autorise la fuite de documents confidentiels appartenant à des gouvernements pour « armer » les citoyens tandis que Facebook permet la fuite de renseignements personnels de ses utilisateurs au profit de compagnies spécialisées en publicité. Lequel de ses deux révolutionnaires est moins nuisible?

Une autre différence majeure réside dans la nature même de ces deux sites. Facebook s’inscrit dans le mouvement du web participatif, une bonne manière d’encourager l’égocentrisme de quelques les petites âmes narcissiques qui aiment croire que leur contribution apporte à la communauté.

Par opposition, WikiLeaks qui a commencé en tant que Wiki (site autorisant tout internaute de créer, modifier ou commenter sur du contenu) est maintenant un site web hyper-protégé dont l’actualisation ne se fait qu’avec l’autorisation de Julian Assange. Cela ajoute à la crédibilité du site parce que personne ne peut y ajouter des informations non vérifiées sans qu’Assange ne prenne le temps de mener son enquête. Du coup, WikiLeaks paraît davantage sérieux, moins collectif et plus engagé que Facebook. S’il y avait un seul égo à flatter, se serait bien celui d’Assange.

Le Temps contre le Temps
Le journal européen Le Temps (qui ironiquement signifie The Time) s’est voulu un tantinet sarcastique concernant la consécration du propriétaire de Facebook par le Time Magazine. Dans un article intitulé « Zuckerberg, plus consensuel qu’Assange« , le journal suisse nous livre son analyse:

Trop sensible pour le consensuel Time? La personnalité de Mark Zuckerberg est sans doute apparue plus rassembleuse au jury du magazine. A travers elle, il célèbre l’innovation et «l’optimisme» – celui d’un monde rempli d’amis potentiels (artificiels aussi, mais peu importe). Julian Assange, lui, se meut dans les sombres méandres de la conspiration.

Hors-la-loi ou tout simplement trouble-fête?

Le Time Magazine pourrait répliquer en disant que contrairement à Assange, Zuckerberg n’a jamais été accusé de conduites sexuelles inappropriées. Ce n’est pas contre lui non plus que pourraient peser des charges d’espionnage. Le fondateur de WikiLeaks par contre a des problèmes avec la justice. Même si la plupart des journaux insinuent qu’Assange est victime d’une conspiration, cela n’est pas assez pour soigner sa réputation.

Assange n’avait jamais frappé aussi fort lorsqu’il y a environ deux semaines, il publie sur WikiLeaks un quart de million de documents confidentiels appartenant à l’Armée américaine. En révélant une liste secrète 1 – de sites industriels et d’infrastructure internationaux protégés par les États-Unis parce que critiques – Assange contribue à ce qui pourrait être le fiasco diplomatique le plus désastreux dans l’histoire moderne américaine2.

Obama et sa secrétaire d’États ne sont pas les seuls à ne pas la trouver drôle. Même un ancien conseiller du Premier ministre canadien a déclaré lors d’un entrevue que  3 le fondateur de WikiLeaks “devrait être assassiné”, et qu’il “ne serait pas malheureux » s’il disparaîssait.

Mais Assange persiste et signe. Après avoir été relâché (relativement aux accusations mentionnées plus haut) il a déclaré qu’il se remettait au travail – lequel travail consiste à collecter des documents classés top secret, les trier, en vérifier l’authenticité et l’intégrité avant publication sous WikiLeaks.
Bien que je comprend pourquoi le Time Magazine avait peur d’adopter des positions politiques radicales en choisissant Assange, je ne crois pas qu’avec Mark Zuckerberg ils aient fait si mieux que ça.

Je suis toujours sur Facebook parce que j’ai conscience que fermer mon compte ne changerait rien au fait que tout ce que j’ai pu dire ou faire sur ce site a été partagé et enregistré à mon insu. Même si je supprimais mon profil, je ne pourrais pas récupérer toutes les informations que détiennent déjà des parties tierces à mon sujet.
On a juste de la chance qu’Assange ne soucie pas de la vie du petit peuple et des gens insignifiants comme moi. Sinon, ma pauvre vie aurait déjà été dans les journaux.

Annotations:

1. Dépèche Reuters (en anglais), WikiLeaks lists sites U.S. says vital to interests
2. The Telegraph explique les dommages diplomatiques (en anglais), The Obama Administration owes Britain an apology over the WikiLeaks débacle
3. La CBC.ca détaille l’entrevue (en anglais), Flanagan comments probed by Calgary police

Note spéciale:

La couverture du « Time » ou Julian Assange apparaît en tant que « Trouble of the Year » (je traduirais ici trouble-fête de l’année) est fictive. Cette « couverture » a été créée sous Photoshop par hibiscus jaune dans le but d’illustrer cet article; elle ne représente pas une édition réelle ou existante du Time Magazine.